Créer sa micro-entreprise est simple, mais cette simplicité attire aussi de nombreuses arnaques visant les auto-entrepreneurs. Chaque année, des milliers de personnes reçoivent de faux courriers administratifs, des emails frauduleux, des appels téléphoniques trompeurs ou tombent sur des sites internet imitant des plateformes officielles.
Les auto-entrepreneurs sont des cibles privilégiées pour plusieurs raisons. En effet, après l'immatriculation, certaines informations deviennent publiques : nom, adresse, activité, numéro SIREN. Ces données sont facilement exploitées par des sociétés malveillantes ou des escrocs.
De plus, lors du lancement d'une micro-entreprise, l'entrepreneur reçoit de nombreux courriers officiels, et cette accumulation de documents facilite la confusion. Les fraudeurs en profitent pour envoyer des courriers qui imitent ceux de l'Urssaf, des impôts ou d'autres organismes administratifs. Certaines pratiques relèvent du démarchage commercial agressif. D'autres constituent de véritables escroqueries. Comprendre le fonctionnement des arnaques aux auto-entrepreneurs est la première étape pour s'en protéger.
Les fraudeurs utilisent des techniques bien connues :
Ces mécanismes rendent les arnaques particulièrement efficaces, surtout lorsque l'entrepreneur débute son activité et craint de commettre une erreur administrative.
Il s'agit de l'une des arnaques aux auto-entrepreneurs les plus répandues. Vous recevez un courrier vous demandant de régler des « frais de dossier », une « mise en conformité » ou un « service obligatoire ».
En réalité, l'Urssaf ne facture jamais ce type de prestation.
Les signes révélateurs sont souvent :
- un logo approximatif
- une adresse d'expéditeur inhabituelle
- un RIB joint au courrier
- une menace de pénalité rapide
Ces courriers indiquent que vous devez payer pour obtenir, confirmer ou modifier votre numéro SIRET ou pour apparaître dans un « registre officiel ».
Or, l'immatriculation et les modifications d'une micro-entreprise sont gratuites via les plateformes officielles (hors accompagnement volontaire par un professionnel).
Cette arnaque joue presque toujours sur une fausse urgence administrative.
Certaines entreprises envoient des courriers expliquant qu'un affichage réglementaire lié à votre code APE serait obligatoire.
Dans la majorité des cas, un auto-entrepreneur sans local commercial ou sans salariés n'a aucune obligation d'affichage. Aucun organisme public ne vous impose l'achat d'un panneau spécifique.
Autre arnaque auto-entrepreneur fréquente : un courrier réclamant environ 200 à 300 € pour « indexer » votre entreprise à la TVA.
Ce service :
- n'existe pas officiellement
- n'est exigé par aucune administration
- n'a aucun intérêt pour le régime micro-entrepreneur
Ces courriers proposent une « mise à jour légale », une « validation d'activité » ou un « enregistrement obligatoire » contre paiement.
Aucun service officiel de ce type n'existe. Il s'agit d'une arnaque destinée à profiter de la méconnaissance des obligations réelles.
Les arnaques au CPF touchent également les micro-entrepreneurs. Vous recevez un appel, un SMS ou un email vous indiquant que vos droits à la formation vont expirer.
L'objectif est de récupérer :
- vos identifiants personnels
- vos données bancaires
- ou de détourner vos droits à la formation
Aucun organisme sérieux ne demande vos identifiants par téléphone.
Certaines arnaques passent par internet. Des sites proposent de créer votre micro-entreprise contre paiement alors que la démarche est gratuite sur le site de l'Urssaf (hors accompagnement par un professionnel).
Ces sites utilisent souvent :
- un nom de domaine proche d'un site public
- un design rappelant les couleurs officielles
- un discours alarmiste
Le hameçonnage est une forme courante d'arnaque. Vous recevez un email ou un SMS vous invitant à « mettre à jour » vos informations ou à « confirmer » un paiement.
Le lien renvoie vers un site pirate destiné à voler vos identifiants Urssaf ou bancaires.
Des appels téléphoniques frauduleux peuvent également se faire passer pour l'Urssaf, les impôts ou un organisme administratif afin d'obtenir vos coordonnées sensibles.
Or, aucune administration ne vous demandera vos identifiants ou codes confidentiels par téléphone.
Toutes les sollicitations ne sont pas nécessairement des arnaques. Certaines sont des offres commerciales présentées de manière ambiguë. Retenez que la différence repose sur la transparence, car une arnaque cherche souvent à tromper et à faire croire à une obligation.
Ces arnaques peuvent entraîner une grosse perte financière, le blocage temporaire du compte bancaire ou même une usurpation d'identité. Dans ce dernier cas, les conséquences peuvent aller plus loin : ouverture de comptes frauduleux, souscription de crédits ou facturations fictives.
Adopter des réflexes simples réduit fortement les risques :
Activer la double authentification et surveiller régulièrement vos comptes bancaires constitue également une protection efficace.
Si vous avez payé ou transmis des informations :
Plus l'action est rapide, moins les conséquences seront importantes.
Découvrez les réponses aux questions les plus courantes sur les arnaques visant les auto-entrepreneurs.
Une arnaque se reconnaît souvent à un sentiment d'urgence artificiel, une menace de pénalité ou un délai très court pour payer. Les fraudeurs utilisent des logos qui imitent ceux de l'Urssaf ou des impôts et emploient des termes administratifs flous pour semer la confusion. En cas de doute, il faut toujours vérifier directement sur le site officiel concerné en tapant l'adresse dans votre navigateur, sans passer par un lien reçu par email ou SMS.
Non. L'Urssaf ne facture aucun frais de dossier, d'inscription ou de mise en conformité après la création d'une micro-entreprise. Si vous recevez un courrier vous demandant de régler un service prétendument obligatoire, il s'agit très probablement d'une tentative d'escroquerie destinée à profiter de la méconnaissance des nouvelles obligations administratives.
Non. Il n'existe aucun registre officiel payant pour les auto-entrepreneurs. L'immatriculation et les modifications d'activité sont gratuites via les plateformes officielles, hors accompagnement volontaire par un professionnel. Les courriers évoquant une inscription obligatoire dans un registre sont généralement trompeurs ou frauduleux.
Les arnaques CPF prennent souvent la forme d'appels, de SMS ou d'emails affirmant que vos droits à la formation vont expirer. Aucun organisme sérieux ne vous demandera vos identifiants personnels ou bancaires par téléphone. Pour éviter ces fraudes, connectez-vous uniquement via le site officiel et ne communiquez jamais vos codes confidentiels à un tiers.
Si vous avez effectué un paiement ou transmis des informations sensibles, contactez immédiatement votre banque afin de limiter les pertes. Conservez tous les échanges et signalez la fraude sur la plateforme officielle de signalement. En cas d'usurpation d'identité ou de préjudice important, déposer plainte permet de vous protéger et de constituer un dossier en cas de démarches futures.
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