Le versement libératoire est un dispositif fiscal optionnel permettant à l' auto-entrepreneur de modifier les modalités de paiement de son impôt sur le revenu. Grâce à cette option, le micro-entrepreneur règle son impôt en temps réel, chaque mois ou chaque trimestre, en appliquant un pourcentage fixe sur son chiffre d'affaires encaissé. Cependant, cette option reste soumise à des conditions de revenus strictes et ne s'avère pas rentable pour tous les foyers fiscaux en France.
En choisissant le versement libératoire de l'impôt sur le revenu, vous réglez votre impôt tout au long de l'année, de manière simultanée avec le paiement de vos cotisations sociales.
Dans la pratique, l' Urssaf (ou la CGSS dans les départements d'outre-mer) collecte cet impôt pour le compte de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) selon la fréquence déclarative choisie (mensuelle ou trimestrielle). Ce système évite le décalage de trésorerie lié à une régularisation ultérieure. Néanmoins, l'auto-entrepreneur conserve l'obligation de remplir sa déclaration annuelle de revenus (formulaire 2042 C PRO) pour l'imposition globale de son foyer fiscal.
L'option ajoute un taux d'imposition fixe à votre barème de cotisations sociales. Ce pourcentage s'applique directement sur le chiffre d'affaires brut et varie selon le secteur d'activité :
1 % pour les activités d' achat/vente de marchandises et de fourniture de logement ;
1,7 % pour les prestations de services relevant des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ;
2,2 % pour les professions libérales et prestations relevant des BNC (bénéfices non commerciaux).
En cumulant les charges sociales et l'impôt libératoire, le taux global de prélèvement sur le chiffre d'affaires s'élève en 2026 à :
13,3 % pour la vente et la fourniture de logement (12,3 % + 1 %) ;
22,9 % pour les prestations de services BIC (21,2 % + 1,7 %) ;
27,8 % pour les activités BNC rattachées au régime général (25,6 % + 2,2 %) ;
25,4 % pour les professions libérales affiliées à la CIPAV (23,2 % + 2,2 %).
Sans cette option, vous êtes soumis au régime classique de la micro-entreprise. L'administration fiscale applique alors un abattement forfaitaire pour frais professionnels sur votre chiffre d'affaires (avec un minimum d'abattement de 305 €) :
71 % pour les activités de vente ( BIC) ;
50 % pour les prestations de services artisanales et commerciales ( BIC) ;
34 % pour les activités libérales ( BNC).
Après déduction de cet abattement, le bénéfice imposable restant est réintégré aux autres revenus du foyer fiscal, puis soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Pour l'imposition des revenus de 2025 (déclarés en 2026), les tranches du barème progressif s'établissent comme suit :
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Tranche de revenu imposable |
Taux d'imposition |
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De 0 € à 11 600 € |
0 % |
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De 11 601 € à 29 579 € |
11 % |
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De 29 580 € à 84 577 € |
30 % |
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De 84 578 € à 181 917 € |
41 % |
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Au-delà de 181 917 € |
45 % |
L'accès au versement libératoire dépend du revenu fiscal de référence (RFR) de votre foyer fiscal sur l'année N-2.
Pour bénéficier du dispositif en 2026, votre RFR 2024 (indiqué sur votre avis d'imposition 2025) ne doit pas dépasser les plafonds suivants :
29 315 € pour un célibataire ( 1 part de quotient familial) ;
58 630 € pour un couple sans enfant ( 2 parts) ;
73 288 € pour un couple avec un enfant ( 2,5 parts) ;
87 945 € pour un couple avec deux enfants ( 3 parts).
Chaque demi-part supplémentaire majore ce seuil de 50 % (+ 14 658 €), et chaque quart de part de 25 % (+ 7 329 €). Si votre RFR excède la limite correspondant à votre quotient familial, vous relevez automatiquement de l' imposition classique.
La demande d'adhésion s'effectue en ligne auprès de l' Urssaf (ou de la CGSS en Outre-mer) :
En cours d'activité : la demande doit être transmise au plus tard le 30 septembre pour une prise d'effet au 1er janvier de l'année suivante.
Lors de la création de la micro-entreprise : vous disposez d'un délai de trois mois à compter du début d'activité pour formuler votre choix avec effet immédiat.
L'option est reconduite d'année en année par tacite reconduction, sans formalité de votre part.
Cette option offre une gestion simplifiée et une visibilité budgétaire appréciables, en automatisant le règlement de l'impôt à chaque déclaration de chiffre d'affaires.
Cependant, le versement libératoire n'est réellement avantageux que si votre foyer fiscal se situe dans les tranches hautes du barème progressif (30 % et plus). En effet, ce mécanisme vous impose dès le premier euro de chiffre d'affaires encaissé, y compris si votre foyer n'est pas imposable dans le régime de droit commun.
Un travailleur indépendant en BNC (foyer à 1 part, éligible au dispositif) réalise 40 000 € HT de chiffre d'affaires annuel.
Avec le versement libératoire : l'impôt s'élève à 880 € (40 000 € × 2,2 %).
Sans l'option (régime classique) : après abattement de 34 %, son bénéfice imposable est de 26 400 €. L'impôt calculé selon le barème progressif atteint environ 1 650 €.
Verdict : le versement libératoire génère une économie d'impôt importante.
Un micro-entrepreneur en BNC enregistre 15 000 € HT de chiffre d'affaires.
Avec le versement libératoire : il règle 330 € d'impôt (15 000 € × 2,2 %).
Sans l'option (régime classique) : après l'abattement de 34 %, son assiette imposable descend à 9 900 €. Ce montant restant sous la tranche d'imposition de 11 600 €, son impôt sur le revenu est de 0 €.
Verdict : l'imposition classique est nettement plus avantageuse.
(Exemples calculés pour une personne seule, hors autres revenus au sein du foyer fiscal).
Le prélèvement à la source (PAS) s'articule différemment selon votre option fiscale :
Vous avez choisi le versement libératoire : le prélèvement à la source ne s'applique pas aux revenus de votre micro-entreprise, l'impôt étant réglé à l'Urssaf.
Vous êtes sous le régime classique : la DGFiP prélève des acomptes mensuels ou trimestriels directement sur votre compte bancaire, calculés sur la base de vos déclarations passées.
La sortie du dispositif intervient dans trois cas de figure :
Renonciation volontaire : vous pouvez dénoncer l'option auprès de l' Urssaf avant le 30 septembre pour un retour à l'imposition classique au 1er janvier suivant.
Sortie du statut micro-entrepreneur : un changement de forme juridique ou le dépassement des plafonds de chiffre d'affaires (83 600 € ou 203 100 €) met fin automatiquement à l'option.
Dépassement du seuil RFR : si le revenu fiscal de référence N-2 de votre foyer dépasse les plafonds autorisés, le versement libératoire prend fin au 1er janvier de l'année d'imposition.
Non. Il n'est intéressant que si votre foyer fiscal est suffisamment imposé pour que le taux fixe (1 %, 1,7 % ou 2,2 %) soit inférieur à ce que vous paieriez au barème progressif après abattement.
Avec le versement libératoire, un taux fixe s’ajoute aux cotisations sociales et s’applique au chiffre d’affaires encaissé. Ce taux dépend de la nature de l’activité exercée. Les taux globaux indiqués sont de 13,3 % pour la vente et la fourniture de logement, 24,8 % pour les prestations de services relevant des BIC, 25,3 % pour les BNC hors CIPAV et 25,4 % pour les professions libérales relevant de la CIPAV.
Au plus tard le 30 septembre pour une application au 1er janvier suivant, ou dans les 3 mois suivant la création de votre micro-entreprise pour une application immédiate.
Vous sortez automatiquement du dispositif et basculez vers l'imposition classique à compter de l'année suivante.
Non, il s'y substitue : si vous avez opté pour le versement libératoire, le prélèvement à la source ne s'applique pas sur vos revenus de micro-entreprise.
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