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Témoignages d'auto-entrepreneurs

Elisabeth Lafont, biographe, correctrice professionnelle, conseils en écriture, fabrication de livre d’artistes pour les Salons du livre ou expositions. “L’auto-entreprise m’a permis de me rouvrir sur le monde “

Publié le 17/12/2024
Elisabeth Lafont, biographe, correctrice professionnelle, conseils en écriture, fabrication de livre d’artistes pour les Salons du livre ou expositions. “L’auto-entreprise m’a permis de me rouvrir sur le monde “

La retraite, Elisabeth Lafont a décidé de la vivre à sa manière : active ! À 68 ans, c’est une femme passionnée de littérature qui nous raconte comment elle a décidé de continuer à vivre de sa passion en auto-entreprise. Un amour des mots qui a guidé toute sa carrière d’attachée de presse dans l’édition et l’a aussi aidé à se relever des accidents de la vie. Aujourd’hui, pour Espace Auto-entrepreneur, elle témoigne aussi du champ des possibles ouvert par un statut accessible à tous les âges.

 

Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai commencé comme institutrice, un métier que j’ai exercé pendant 4 ans avant de me rendre compte que je n’étais pas du tout faite pour ça. J’avais besoin de travailler et d’échanger avec des adultes dans un milieu d’entreprise. À l’époque, il y avait plus d’offres d’emploi visibles qu’aujourd’hui, et je suis tombée sur l’annonce d’une maison d’édition qui cherchait une attachée de presse. Je me suis lancée, j’ai commencé par la base puis je suis devenue attachée de presse chez Eyrolles, une belle maison d’édition parisienne. Je suis passionnée de littérature, et j’ai adoré ce métier. C’est pendant cette partie de ma carrière que j’ai aussi commencé à corriger des manuscrits d’auteurs. Une très belle période de 7 ans qui s’est malheureusement terminée par un accident, m’empêchant de travailler.

 

Comment êtes-vous arrivé à l’auto-entreprise ?

Suite à cet accident, j’ai été mise en arrêt. J’ai dû réapprendre à marcher, dans tous les sens du terme. On m’avait dit “Vous ne pourrez plus jamais travailler à temps plein.” Malgré tout, je souhaitais reprendre une activité. La littérature faisant vraiment partie de ma vie, j’en ai profité pour écrire les livres que j’avais envie d’écrire, à retravailler à mi-temps, pendant une dizaine d’années. J'ai suivi quelques formations de biographe, animatrice et correctrice dans des organismes reconnus. En 2014, j’ai ouvert mon auto-entreprise : laplumedelisabethlafont.fr. Petit à petit, par le réseau, des gens m’ont contactée et j’ai pu reprendre une activité professionnelle, participer à des salons du Livre, en faire des comptes-rendus, retravailler des manuscrits et faire des corrections entre autres. 

 

Aujourd’hui, quelle est votre activité ?

Je corrige des manuscrits d’auteur et retravaille le texte pour avoir un premier jet correct. Je fais aussi les corrections, même si aujourd’hui la plupart des maisons d’éditions passent par des logiciels et ont des correcteurs attachés Le logiciel pour les plus petites maisons d’édition ne corrige pas toutes les fautes. De plus, l’IA est partout et il faut être capable de la débusquer pour éviter les plagiats d’auteur.  

Je corrige l’orthographe, la syntaxe, la concordance des temps et l’articulation des phrases,  tous ces détails qui font un bon livre.  Avec mon expérience d’attachée de presse, je sais ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, ce qui me procure une certaine légitimité. 

 

Qu’est-ce que le statut d’auto-entrepreneur vous a apporté ?

Très concrètement, un repos physique qui était nécessaire vue ma santé fragile. Au-delà de ça, ça m’a permis de reprendre goût à la vie professionnelle et de me rouvrir sur le monde. Dans mon métier de presse, j’étais très active et je rencontrais beaucoup de personnes très intéressantes intellectuellement. Le fait d’avoir adapté mon métier et de pouvoir l’exercer à mon rythme, tout en conservant une vie sociale, m’a remis le pied à l’étrier : la semaine, je travaille chez moi et le week-end, en participant à des salons, je rencontre à nouveau un métier que j’aime, des personnes intéressantes qui, par rebonds, me permettent de continuer à travailler. Aussi, cela m’a redonné confiance en moi, m’a permis de relancer des projets et de dépasser mes soucis de santé. Aujourd’hui, je ne travaille pas à temps plein, mais j’aime travailler et je profite aussi d’une vie personnelle.

 

Comment avez-vous géré la création et comment se passe la gestion du statut ?

Honnêtement, très facilement, je n’ai identifié aucune difficulté. J’ai un modèle de facture type que j’utilise à chaque commande et je déclare mes revenus tous les mois sur le site de l’Urssaf.

La difficulté de gestion réside plus dans les délais de règlement de facture. Certains clients ne se rendent pas compte qu’un petit indépendant n’a pas la même trésorerie qu’une grande maison d’édition comme Gallimard ou Fayard. La durée plutôt longue de mes missions m’oblige donc à morceler ou échelonner mes paiements en fonction de l’avancée du travail sur un manuscrit. Il faut souvent faire preuve de pédagogie avec les clients, car je ne peux pas me permettre de n’être réglée qu’à la fin, avec du retard. M’étant renseignée, c’est ce qui semble se pratiquer dans le milieu.

 

À 68 ans, vous êtes retraitée et auto-entrepreneur. Que conseillerez-vous à quelqu’un de votre génération qui souhaiterait se lancer dans le projet ?

Cela dépend de chacun et c’est une question d’envie, pas forcément d’âge. La littérature est la passion de ma vie, donc j’ai eu aucun problème à trouver l’envie. Je conseillerais de se lancer tout simplement, en plus, ça ne coûte rien financièrement.
Je fais peut-être figure d’exception dans ma génération, mais, dans mon entourage,  j’ai d’autres personnes retraitées à qui l’auto-entreprise réussit bien, alors il faut foncer !

Questions fréquentes

Quel est le métier d’Elisabeth Lafont aujourd’hui ?

Elle corrige des manuscrits d’auteurs et retravaille les textes pour obtenir un premier jet correct. Elle fait aussi des corrections sur l’orthographe, la syntaxe, la concordance des temps et l’articulation des phrases. En parallèle, elle participe à des salons du livre et réalise des comptes-rendus.

Comment Elisabeth Lafont est-elle devenue auto-entrepreneure ?

Après un accident, elle a dû arrêter de travailler à temps plein et a repris une activité à son rythme. Elle a suivi des formations de biographe, animatrice et correctrice dans des organismes reconnus. En 2014, elle a ouvert son auto-entreprise.

Qu’est-ce que le statut d’auto-entrepreneur lui a apporté ?

Il lui a d’abord permis de se reposer physiquement, ce qui était nécessaire pour sa santé fragile. Il lui a aussi redonné goût à la vie professionnelle et l’a aidée à se rouvrir sur le monde. Elle dit également que cela lui a redonné confiance en elle et lui a permis de relancer des projets.

Comment gère-t-elle son activité au quotidien ?

Elle dit avoir créé son activité sans difficulté particulière. Elle utilise un modèle de facture type pour chaque commande et déclare ses revenus tous les mois sur le site de l’Urssaf. La principale difficulté concerne surtout les délais de règlement des factures.

Que conseille-t-elle à une personne retraitée qui voudrait se lancer ?

Pour elle, c’est surtout une question d’envie, pas d’âge. Elle conseille de se lancer, en rappelant que cela ne coûte rien financièrement. Elle estime aussi que l’auto-entreprise peut très bien réussir à des retraités.
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