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ACRE 2026 : l'exonération passe à 25%, quel impact sur vos cotisations ?

Publié le 22/07/2026
ACRE 2026 : l'exonération passe à 25%, quel impact sur vos cotisations ?

Depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE n'est plus attribuée automatiquement et ses conditions d'accès se sont resserrées. Le taux d'exonération de cotisations sociales est également passé de 50 % à 25 %, mais pas à la même date pour tous les créateurs : dès le 1er janvier 2026 pour les entrepreneurs individuels au régime réel et les dirigeants assimilés-salariés, depuis le 1er juillet 2026 pour les micro-entrepreneurs. Cette réforme, actée par le décret n° 2026-69 du 6 février 2026, modifie sensiblement le calcul des charges de la première année d'activité.

Si vous êtes sur le point de créer votre micro-entreprise ou si vous l'avez lancée récemment, comprendre ces nouvelles règles vous évite deux écueils : découvrir trop tard que vous n'êtes plus éligible, ou sous-estimer vos cotisations réelles dans votre prévisionnel. Nous détaillons dans cet article les nouvelles conditions d'éligibilité, les taux applicables selon votre statut et votre secteur, ainsi que la procédure de demande, devenue obligatoire pour tous.

keyboard_arrow_right Qu'est-ce que l'ACRE et à qui s'adressait-elle jusqu'ici ?

L'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'Entreprise) est un dispositif d'exonération partielle et temporaire de cotisations sociales, applicable pendant les premiers mois d'activité d'un créateur ou repreneur d'entreprise. Elle concerne aussi bien les entrepreneurs individuels classiques que les micro-entrepreneurs, sous réserve de remplir certaines conditions.

Ce dispositif ne doit pas être confondu avec l' ARCE, qui permet à un demandeur d'emploi indemnisé de percevoir une partie de ses allocations chômage sous forme de capital au moment de la création. L'ACRE, elle, agit uniquement sur le niveau des cotisations sociales dues à l'Urssaf, indépendamment du statut de demandeur d'emploi.

Jusqu'à récemment, l'ACRE était accordée de façon quasi automatique à tout nouveau créateur répondant aux critères de base. Ce n'est plus le cas depuis le 1er janvier 2026.

À lire aussi : [Cotisations sociales de l'auto-entrepreneur : comment sont-elles calculées ?]

keyboard_arrow_right Qui peut encore bénéficier de l'ACRE en 2026 ?

Les catégories éligibles depuis le 1er janvier 2026

Depuis cette date, l'ACRE est réservée à des profils précis. Pour en bénéficier, vous devez appartenir à l'une des catégories suivantes au moment de la création de votre activité :

  • keyboard_double_arrow_right

    Demandeur d'emploi indemnisé

  • keyboard_double_arrow_right

    Demandeur d'emploi non indemnisé, inscrit à France Travail pendant au moins 6 mois au cours des 18 derniers mois

  • keyboard_double_arrow_right

    Bénéficiaire du RSA ou de l' allocation de solidarité spécifique (ASS)

  • keyboard_double_arrow_right

    Personne âgée de 18 à 25 ans révolus

  • keyboard_double_arrow_right

    Personne de moins de 30 ans reconnue handicapée, ou ne remplissant pas la condition de durée d'activité antérieure pour ouvrir des droits à l'assurance chômage

  • keyboard_double_arrow_right

    Salarié ou personne licenciée d'une entreprise en sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire, qui reprend tout ou partie de cette entreprise

  • keyboard_double_arrow_right

    Bénéficiaire d'un contrat d'appui au projet d'entreprise (Cape), sous réserve de remplir l'une des conditions précédentes à la date de signature du contrat

  • keyboard_double_arrow_right

    Créateur d'une entreprise implantée dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV)

  • keyboard_double_arrow_right

    Bénéficiaire de la prestation partagée d'éducation de l'enfant (PrePare)

  • keyboard_double_arrow_right

    Créateur d'une activité en zone France ruralités revitalisation (ZFRR) ou ZFRR « plus »

Si vous ne remplissez aucune de ces conditions, l'ACRE ne peut pas vous être accordée, quelle que soit la qualité de votre projet.

Le délai de carence de 3 ans

Deuxième condition, cumulative avec la précédente : vous ne devez pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des 3 dernières années. Ce délai de carence court à compter de la fin de la précédente période d'exonération, et non de la date de création de l'entreprise concernée.

Concrètement, si vous avez créé une première micro-entreprise en janvier 2023 et bénéficié de l'ACRE pendant les 12 mois suivants (jusqu'à janvier 2024), vous ne pourrez pas prétendre à une nouvelle ACRE avant janvier 2027, même si vous fermez et relancez une activité différente entre-temps. L'Urssaf exige par ailleurs, pour les micro-entrepreneurs, le respect d'une année civile complète de délai de carence en cas de cessation puis de reprise d'activité, afin de caractériser une réelle nouvelle création.

keyboard_arrow_right Quel est le nouveau taux d'exonération ACRE en 2026 ?

Un calendrier à deux vitesses selon votre statut

C'est le point qui prête le plus à confusion, car les dates diffèrent selon votre régime.

Pour les entrepreneurs individuels au régime réel et les dirigeants de société assimilés-salariés, l'exonération est plafonnée à 25 % des cotisations éligibles depuis le 1er janvier 2026, dès lors que votre revenu n'excède pas 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass).

Pour les micro-entrepreneurs, le taux minoré est resté favorable un peu plus longtemps : jusqu'au 30 juin 2026, le taux de cotisation applicable correspondait à 50 % du taux normal, soit une exonération de 50 %. Depuis le 1er juillet 2026, ce taux minoré est passé à 75 % du taux normal, ce qui ramène l'exonération réelle à 25 %.

Bon à savoir : ne confondez pas ces deux calendriers. Un créateur non-salarié classique a vu la réforme s'appliquer dès le 1er janvier 2026, tandis qu'un micro-entrepreneur a bénéficié de l'exonération à 50 % jusqu'au 30 juin 2026, avant de basculer au taux réduit de 25 %.

Les taux applicables par secteur pour les micro-entrepreneurs

Depuis le 1er juillet 2026, les taux de cotisation ACRE pour les micro-entrepreneurs varient selon le secteur d'activité :

Secteur d'activité

Taux de cotisation ACRE (depuis le 1er juillet 2026)

Achat/revente de marchandises, vente de denrées à consommer sur place, prestations d'hébergement (BIC)

9,3 %

Autres prestations de services commerciales et artisanales (BIC)

15,9 %

Autres prestations de services (BNC)

19,2 %

Activités libérales réglementées relevant de la Cipav (BNC)

17,4 %

Un exemple chiffré pour mesurer l'écart

Prenons le cas d'un micro-entrepreneur en prestations de services commerciales (BIC), avec un chiffre d'affaires mensuel de 2 000 €.

Avant le 1er juillet 2026, le taux normal de cotisation étant de 21,2 %, l'exonération à 50 % ramenait le taux ACRE à 10,6 %, soit 212 € de cotisations sur 2 000 € de CA. Depuis le 1er juillet 2026, le taux minoré est de 75 % du taux normal, soit 15,9 %, ce qui porte les cotisations à 318 € sur le même chiffre d'affaires. L'écart mensuel, pour un CA identique, s'élève donc à 106 €.

 

Pour intégrer ce nouveau taux de cotisations dans votre prévisionnel et suivre l'impact réel sur votre trésorerie, gérez votre comptabilité en ligne.

keyboard_arrow_right Comment fonctionne la dégressivité selon vos revenus ?

L'exonération ACRE n'est pas figée : son niveau dépend directement de votre revenu professionnel, après abattement forfaitaire.

En dessous de 36 045 € de revenu annuel (soit 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale 2026), vous bénéficiez du taux d'exonération maximal, qu'il soit de 50 % ou de 25 % selon votre date de création et votre statut.

Entre 36 045 € et 48 060 € de revenu annuel (soit entre 75 % et 100 % du Pass), l'exonération devient dégressive : plus votre revenu se rapproche du plafond, plus l'avantage diminue. Cette dégressivité est calculée selon une formule fixée par l'article D131-6-1 du Code de la Sécurité sociale.

Au-delà de 48 060 € de revenu annuel, l'exonération disparaît totalement : vous payez vos cotisations au taux normal, sans aucun avantage ACRE, même si vous remplissez par ailleurs les conditions d'éligibilité au dispositif.

Il est donc utile d'anticiper ce seuil dans votre prévisionnel si votre activité démarre fort, pour ne pas être surpris par une baisse progressive de l'avantage en cours d'année.

keyboard_arrow_right Comment faire sa demande d'ACRE dans les 60 jours ?

Depuis le 1er janvier 2026, la demande d'ACRE n'est plus automatique pour aucun statut : vous devez impérativement l'effectuer vous-même, dans un délai de 60 jours suivant la création de votre activité. Voici la marche à suivre :

  1. keyboard_double_arrow_right

    Finalisez votre déclaration d'activité sur le site du guichet unique, puis téléchargez le justificatif de création correspondant.

  2. keyboard_double_arrow_right

    Réunissez les pièces justificatives correspondant à votre situation d'éligibilité (par exemple, la notification d'ouverture de droits ou le dernier titre de paiement pour un demandeur d'emploi indemnisé).

  3. keyboard_double_arrow_right

    Téléchargez et complétez le formulaire de demande d'ACRE adapté à votre statut sur le site de l'Urssaf.

  4. keyboard_double_arrow_right

    Transmettez le formulaire, le justificatif de création et l'ensemble des pièces via la messagerie du site autoentrepreneur.urssaf.fr ou urssaf.fr, selon votre régime.

L'Urssaf dispose ensuite d'un délai d' un mois pour traiter votre dossier. Passé ce délai sans réponse, votre demande est considérée comme acceptée. En cas de rejet, l'Urssaf motive sa décision par écrit. Si vous dépassez le délai de 60 jours pour déposer votre dossier, l'aide est définitivement perdue pour cette création d'activité.

 

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keyboard_arrow_right Quel est l'impact financier de la réforme ACRE 2026 sur votre trésorerie ?

Sur un chiffre d'affaires de 10 000 €, l'écart entre les deux régimes d'exonération est significatif. Sans ACRE, les cotisations s'élèvent à 2 120 €. Avec l'ACRE à 50 % (applicable jusqu'au 30 juin 2026 pour les micro-entrepreneurs), elles tombaient à 1 060 €. Avec l'ACRE à 25 % (applicable depuis le 1er juillet 2026), elles remontent à 1 590 €, soit 530 € de charges supplémentaires pour le même chiffre d'affaires par rapport à l'ancien dispositif.

Cet écart de trésorerie n'est pas neutre en début d'activité, période où la marge de manœuvre financière est souvent la plus réduite. Il est donc recommandé d'intégrer ce nouveau taux directement dans votre prévisionnel de trésorerie, plutôt que de vous baser sur les anciens taux communiqués avant la réforme. Un prévisionnel réaliste, incluant ce niveau de cotisations, vous permet aussi de mieux calibrer vos tarifs et d'éviter une tension de trésorerie dans les mois suivant le lancement.

Pour vérifier précisément le montant de vos cotisations selon votre secteur et votre date de création, vous pouvez utiliser notre [simulateur de cotisations auto-entrepreneur], qui applique automatiquement les taux en vigueur selon votre situation.

keyboard_arrow_right Ce qu'il faut retenir

Depuis 2026, l'ACRE n'est plus un dispositif automatique : son accès dépend de conditions d'éligibilité strictes et d'une demande à déposer dans les 60 jours suivant la création. Le taux d'exonération est passé de 50 % à 25 %, mais pas à la même date pour tous : 1er janvier 2026 pour les indépendants classiques, 1er juillet 2026 pour les micro-entrepreneurs. Le niveau d'exonération reste par ailleurs dégressif selon votre revenu, avec une sortie totale du dispositif au-delà de 48 060 € annuels. Intégrer ces nouveaux paramètres dans votre prévisionnel financier permet d'éviter les mauvaises surprises de trésorerie en début d'activité.

keyboard_arrow_right FAQ – ACRE 2026

Quel est le nouveau taux d'exonération ACRE en 2026 ?
Le taux d'exonération est passé de 50 % à 25 % des cotisations sociales. Ce changement s'applique depuis le 1er janvier 2026 pour les entrepreneurs individuels classiques et les dirigeants assimilés-salariés, et depuis le 1er juillet 2026 pour les micro-entrepreneurs.

Qui peut bénéficier de l'ACRE en 2026 ?
L'aide est réservée à des catégories précises : demandeurs d'emploi, jeunes de 18 à 25 ans, bénéficiaires du RSA ou de l'ASS, créateurs en QPV ou en ZFRR, entre autres. Il faut aussi ne pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des 3 années précédentes.

L'ACRE est-elle encore attribuée automatiquement ?
Non. Depuis le 1er janvier 2026, tous les créateurs, y compris les micro-entrepreneurs, doivent déposer une demande explicite auprès de l'Urssaf pour en bénéficier.

Que se passe-t-il si je dépasse le délai de 60 jours pour faire ma demande ?
L'aide est définitivement perdue pour cette création d'activité. Aucun recours n'est possible après l'expiration de ce délai, d'où l'importance d'anticiper cette démarche dès le lancement.

Peut-on cumuler l'ACRE avec d'autres aides comme les zones ZFRR ou QPV ?
L'implantation en zone QPV ou ZFRR constitue en elle-même l'un des critères d'éligibilité à l'ACRE, plutôt qu'une aide cumulable distincte. D'autres dispositifs, comme l'ARCE pour les demandeurs d'emploi indemnisés, peuvent en revanche se combiner avec l'ACRE selon votre situation.

Sources :

autoentrepreneur.urssaf.fr

service-public.fr 

Questions fréquentes

L'ACRE est-elle encore accordée automatiquement en 2026 ?

Non, depuis le 1er janvier 2026, la demande doit être faite explicitement. Cela vaut pour tous les créateurs, y compris les micro-entrepreneurs. Si le dossier n'est pas déposé dans les 60 jours suivant la création, l'aide est perdue pour cette activité.

Qui peut encore demander l'ACRE en 2026 ?

L'aide est réservée à des profils précis, comme les demandeurs d'emploi, les bénéficiaires du RSA ou de l'ASS, les jeunes de 18 à 25 ans, ou encore les créateurs en QPV ou en zone ZFRR. Il faut aussi ne pas avoir bénéficié de l'ACRE au cours des 3 dernières années. Sans ces conditions, l'aide n'est pas accordée.

À partir de quand le taux d'exonération ACRE passe-t-il à 25 % pour les micro-entrepreneurs ?

Pour les micro-entrepreneurs, l'exonération à 50 % a continué jusqu'au 30 juin 2026. Depuis le 1er juillet 2026, elle est passée à 25 %. Le changement n'a donc pas eu lieu à la même date que pour les entrepreneurs individuels au régime réel et les dirigeants assimilés-salariés.

Combien de cotisations paie un micro-entrepreneur avec l'ACRE depuis le 1er juillet 2026 ?

Les taux dépendent du secteur d'activité. Depuis le 1er juillet 2026, ils sont de 9,3 % pour l'achat-revente et l'hébergement, 15,9 % pour les autres prestations de services commerciales et artisanales, 19,2 % pour les autres prestations de services, et 17,4 % pour les activités libérales réglementées relevant de la Cipav. L'article donne aussi l'exemple d'un chiffre d'affaires de 2 000 € en prestations de services commerciales, avec 318 € de cotisations.

Que se passe-t-il si mes revenus dépassent certains seuils ?

L'exonération dépend du revenu professionnel après abattement forfaitaire. En dessous de 36 045 € de revenu annuel, le taux maximal s'applique ; entre 36 045 € et 48 060 €, l'avantage devient dégressif. Au-delà de 48 060 €, il n'y a plus d'exonération ACRE.

Comment faire la demande d'ACRE en 2026 ?

Il faut finaliser la déclaration d'activité, réunir les justificatifs liés à votre situation, puis compléter le formulaire adapté sur le site de l'Urssaf. Le dossier doit être transmis dans les 60 jours suivant la création. L'Urssaf dispose ensuite d'un mois pour répondre, et l'absence de réponse vaut acceptation.
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