L’année 2026 marque une nouvelle étape pour de nombreux auto-entrepreneurs en France. Alors que le régime de la micro-entreprise a longtemps été présenté comme un moyen simple et allégé de lancer son activité, une progression des cotisations sociales, notamment pour les professions libérales, modifie sensiblement la donne.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette hausse ne dépend pas directement de la loi de finances pour 2026. Elle résulte d’un texte adopté début 2024, qui prévoit une augmentation progressive des cotisations sociales des micro-entrepreneurs, en particulier pour ceux relevant des bénéfices non commerciaux (BNC). Le dernier palier de cette réforme entre en vigueur au 1er janvier 2026.
En savoir plus : Les bénéfices BIC et BNC en auto-entreprise
Pour les auto-entrepreneurs exerçant une activité libérale relevant du régime général (BNC), les cotisations sociales ont augmenté par étapes successives :
24,6 % au 1er janvier 2025
25,6% au 1er janvier 2026
Tous les micro-entrepreneurs ne sont pas concernés de la même manière par cette augmentation.
Sont principalement concernés les auto-entrepreneurs exerçant une activité libérale relevant des BNC, tels que les consultants, développeurs, traducteurs, coachs, graphistes ou photographes.
En revanche, les activités commerciales et artisanales relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ne sont pas touchées par cette hausse et conservent des taux de cotisations globalement stables.
Certains professionnels affiliés à des caisses spécifiques, comme la CIPAV, peuvent également connaître une évolution différente ou ne pas être concernés par cette augmentation.
Cette hausse des cotisations sociales a un impact direct sur la trésorerie des auto-entrepreneurs concernés. À chiffre d’affaires égal, la part reversée à l’ Urssaf augmente, réduisant mécaniquement le revenu net disponible.
À titre d’exemple, un micro-entrepreneur en prestations de services BNC réalisant 36 500 euros de chiffre d’affaires annuel pouvait s’acquitter d’environ 7 700 euros de cotisations avant la réforme. En 2026, ce montant atteindra près de 9 500 euros, soit une augmentation de plus de 1 800 euros par an.
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Selon les pouvoirs publics, cette hausse vise à améliorer la protection sociale des travailleurs indépendants, notamment en matière de retraite complémentaire. Le régime micro-entrepreneur, souvent critiqué pour le faible niveau de droits sociaux qu’il procure, est ainsi progressivement aligné sur une couverture plus complète.
Cette évolution relance le débat sur l’attractivité du régime de la micro-entreprise, en particulier pour les professions libérales. De nombreux auto-entrepreneurs s’interrogent désormais sur l’opportunité de rester sous ce statut à mesure que leur chiffre d’affaires augmente.
La hausse des cotisations peut rendre pertinent un changement de structure juridique, comme le passage en entreprise individuelle classique ou en société, selon la situation personnelle, le niveau de charges réelles et les perspectives de développement.
Dans ce contexte, anticiper ces évolutions et revoir régulièrement son modèle économique devient indispensable pour sécuriser la rentabilité de son activité à moyen et long terme.
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