En fonction de la nature de votre activité, votre entreprise sera rattachée aux BIC (bénéfices industriels et commerciaux) ou aux BNC (bénéfices non commerciaux). Si la différence entre les deux semble anecdotique, elle est en réalité déterminante : elle fixe votre plafond de chiffre d'affaires, votre taux de cotisations sociales, votre imposition, et même vos droits à la retraite. Voici comment savoir où vous vous situez, et ce que ça change concrètement en 2026.
Votre catégorie d'activité détermine directement si vos bénéfices relèvent des BIC ou des BNC — vous ne pouvez pas choisir entre les deux.
Vous êtes en BIC si vous exercez :
une activité d'achat et de vente ;
une activité de fourniture de logement ou de denrées ;
une prestation de services artisanale (plombier, coiffeur…) ou commerciale (agent commercial…).
Vous êtes en BNC si vous exercez une profession libérale. Attention : certaines professions libérales sont exclues du régime auto-entrepreneur, notamment la plupart des professionnels de santé (médecin, infirmier, kinésithérapeute), les métiers juridiques (avocat, huissier, greffier) et les experts-comptables.
Prestataire de services : BIC ou BNC ? C'est souvent là que le doute s'installe. Une astuce simple : si votre prestation repose sur un outil ou votre corps comme outil de travail et peut être reproduite à l'identique (un coiffeur refait la même coupe à plusieurs clients), vous êtes en BIC. Si elle est de nature intellectuelle, artistique ou scientifique et a un caractère unique (un graphiste crée un logo original), vous êtes en BNC.
Pour rester au régime auto-entrepreneur, votre CA annuel ne doit pas dépasser :
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Catégorie |
Activité |
Plafond 2026-2028 |
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BIC |
Vente de marchandises et fourniture de logement |
203 100 € |
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BIC |
Prestations de services artisanales et commerciales |
83 600 € |
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BNC |
Prestations de services libérales |
83 600 € |
En cas d'activité mixte (vente + services), le CA global ne doit pas dépasser 203 100 €, et la part services ne doit pas dépasser à elle seule 83 600 €. Ces plafonds sont fixés pour la période 2026-2028.
Un dépassement sur une seule année n'a aucune conséquence. Ce n'est qu'en cas de dépassement pendant deux années civiles consécutives que vous basculez au régime réel.
Deux options s'offrent à vous, et votre catégorie d'activité influence les deux.
Le versement libératoire. Vous payez votre impôt chaque mois, en même temps que vos cotisations sociales, à un taux fixe appliqué sur votre CA :
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Catégorie |
Activité |
Taux 2026 |
|
BIC |
Vente de marchandises et fourniture de logement |
1 % |
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BIC |
Prestations de services artisanales et commerciales |
1,7 % |
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BNC |
Prestations de services libérales |
2,2 % |
Cette option est réservée aux auto-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence (RFR) 2024 ne dépasse pas 29 315 € par part de quotient familial pour une application en 2026 (montant majoré de 50 % par demi-part ou 25 % par quart de part supplémentaire) — seuil à reconfirmer sur impots.gouv.fr au moment de la publication.
L'imposition classique. Si vous n'optez pas pour le versement libératoire, un abattement forfaitaire pour frais professionnels s'applique automatiquement sur votre CA avant intégration au barème progressif de l'impôt :
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Catégorie |
Activité |
Abattement |
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BIC |
Vente de marchandises et fourniture de logement |
71 % |
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BIC |
Prestations de services artisanales et commerciales |
50 % |
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BNC |
Prestations de services libérales |
34 % |
Dans les deux cas, vous déclarez vos revenus via le formulaire complémentaire 2042 C PRO.
Le taux de cotisations sociales appliqué à votre CA dépend directement de votre catégorie d'activité :
12,3 % pour la vente et la fourniture de logement (BIC) ;
21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC) ;
25,6 % pour les activités libérales relevant du régime général (BNC) ;
23,2 % pour les professions libérales affiliées à la CIPAV (BNC).
Bon à savoir : depuis le 1er juillet 2024, le taux des professions libérales BNC augmente progressivement sur 3 ans pour financer la retraite complémentaire des indépendants — c'est pour ça qu'un ancien taux de "21,1 %" que vous auriez pu voir ailleurs est aujourd'hui dépassé.
S'ajoute la CFP (contribution à la formation professionnelle), qui varie elle aussi selon votre activité :
0,1 % pour la vente et la fourniture de logement (BIC) ;
0,3 % pour les prestations de services artisanales (BIC) ;
0,2 % pour les activités libérales (BNC, régime général et CIPAV).
L'ACRE (aide à la création ou à la reprise d'une entreprise) permet de réduire vos cotisations sociales durant votre première année d'activité — mais les règles ont changé en 2026, suite au décret n° 2026-69 du 6 février 2026.
Le taux dépend désormais de votre date de création :
micro-entreprise créée avant le 1er juillet 2026 : exonération de 50 % pendant 12 mois ;
micro-entreprise créée à partir du 1er juillet 2026 : exonération de 25 % pendant 12 mois.
À l'issue des 12 mois, vos cotisations reviennent directement au taux plein — il n'existe plus de palier progressif intermédiaire depuis la réforme de 2020.
Autre changement important : la demande d'ACRE n'est plus automatique pour les auto-entrepreneurs. Elle doit être formulée explicitement à l'URSSAF dans les 60 jours suivant la création de votre activité, justificatifs à l'appui.
Cas particulier DROM : les auto-entrepreneurs domiciliés dans les départements et régions d'outre-mer bénéficient d'un régime spécifique d'exonération automatique sur les trois premières années d'activité, non concerné par cette réforme.
Un trimestre de retraite est validé dès que votre revenu net retenu atteint 150 fois le SMIC horaire brut, soit 1 803 € en 2026 (SMIC au 1er janvier 2026 : 12,02 €). Ce seuil est ensuite converti en CA brut à déclarer selon votre taux d'abattement :
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1 trimestre |
2 trimestres |
3 trimestres |
4 trimestres |
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Vente de marchandises (BIC) |
6 217 € |
12 434 € |
18 652 € |
24 869 € |
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Prestations de services (BIC) |
3 606 € |
7 212 € |
10 818 € |
14 424 € |
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Prestations de services (BNC) |
2 732 € |
5 464 € |
8 195 € |
10 927 € |
Les professions libérales affiliées à la CIPAV suivent un mode de calcul spécifique, indexé sur le plafond annuel de la Sécurité sociale — les seuils exacts sont à consulter sur le site de la Cipav.
Oui. Il est tout à fait possible de diversifier ses sources de revenus au sein d'une même micro-entreprise et de cumuler BIC et BNC.
Exemple concret : Paul est illustrateur freelance. Il réalise des prestations d'illustration personnalisées pour ses clients (BNC), et vend en parallèle ses créations (affiches, cartes postales, stickers) en plusieurs exemplaires sur un e-shop (BIC).
Il est également possible de cumuler des activités de nature complètement différente — par exemple une activité libérale principale (BNC) et une activité artisanale complémentaire (BIC).
Le plafond global en cas de cumul. C'est le point clé à retenir : votre chiffre d'affaires global ne doit pas dépasser le plafond vente (203 100 €), et la part de votre CA réalisée en prestations de services ou en BNC ne doit pas, à elle seule, dépasser le plafond services/BNC (83 600 €). Les deux plafonds s'appliquent simultanément, l'un encadrant le total, l'autre encadrant la part BNC/services.
Quelles conséquences en cas de cumul ? Votre activité principale détermine votre catégorie de revenus (BIC ou BNC) pour vos démarches administratives générales. Mais lors de vos déclarations de CA et d'impôt, vous devez inscrire chaque revenu dans sa catégorie propre; ce qui déterminera précisément vos cotisations sociales, votre imposition et votre taux d'abattement pour chaque part de votre activité.
Sources :
Vous relevez des BIC si vous exercez une activité artisanale, commerciale, ou de fourniture de logement/denrées. Vous relevez des BNC si vous exercez une profession libérale.
Cela dépend de la nature de votre prestation. Une prestation matérielle et reproductible à l'identique, comme la coiffure ou l'artisanat, relève des BIC. Une prestation intellectuelle, artistique ou unique, comme le conseil ou le graphisme, relève des BNC.
Oui, vous pouvez cumuler BIC et BNC au sein d'une même micro-entreprise, à condition de respecter le plafond global de chiffre d'affaires ainsi que le plafond spécifique à la part BNC/services.
Chaque revenu doit être déclaré séparément dans sa propre catégorie. Cette séparation détermine indépendamment le taux de cotisations, le régime d'imposition et l'abattement forfaitaire applicables à chaque part.
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