C'est désormais officiel : depuis le 1er septembre 2026, toutes les auto-entreprises doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques de leurs fournisseurs professionnels. Et à compter du 1er septembre 2027, elles devront elles-mêmes émettre leurs factures B2B au format électronique, via une plateforme accréditée. Deux échéances et deux obligations bien distinctes : voici le calendrier complet, les opérations concernées, et comment vous préparer.
Contrairement à une facture PDF, une facture électronique doit respecter certaines contraintes pour garantir l'authenticité, l'intégrité et la lisibilité de son contenu. Elle peut également s'accompagner d'une obligation de e-reporting.
La facturation électronique, aussi appelée e-invoicing, consiste à transmettre et conserver les factures sous forme dématérialisée. Contrairement à une simple facture au format numérique, elle doit obligatoirement comporter un socle minimal de données sous forme structurée.
Une facture au format électronique doit aussi impérativement être adressée au client via une plateforme de dématérialisation, à savoir la plateforme officielle de facturation ou une plateforme tierce accréditée (PDP). Pour être conforme, elle doit également garantir trois critères :
l'authenticité de l'émetteur de la facture ;
l'intégrité du contenu : elle ne doit pas pouvoir être modifiée ;
la lisibilité du document.
Bon à savoir
Lire aussi : Comment faire une facture en auto-entreprise ?
Que votre auto-entreprise soit ou non soumise à l'obligation d'e-facturation, elle peut être tenue de transmettre à l'administration fiscale certaines informations relatives à ses opérations commerciales : c'est ce qu'on appelle le e-reporting.
L'obligation de e-reporting concerne principalement trois types d'opérations :
les transactions internationales ou intracommunautaires ;
les transactions entre une personne assujettie à la TVA et une personne non assujettie (les particuliers, par exemple) ;
les transactions de certains domaines d'activité (santé, enseignement, formation, immobilier, etc.).
Pour les opérations concernées, vous devrez transmettre un certain nombre d'informations à l'administration fiscale : votre SIRET, les détails de la transaction, le décompte du prix, la date de l'opération, ou encore le numéro de la facture.
Deux échéances distinctes à bien différencier.
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises françaises, y compris les micro-entreprises, doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques transmises par leurs fournisseurs professionnels via une plateforme agréée. Cette obligation est déjà en vigueur aujourd'hui. Si vous n'avez pas encore choisi de plateforme, c'est le moment de vous équiper, car certains de vos fournisseurs professionnels basculent déjà vers ce format.
Conformément à une directive européenne, la France devait initialement rendre la facturation électronique obligatoire pour les factures B2B dès 2024. La réforme a finalement été généralisée en deux temps, comme le prévoit la loi de finances pour 2024 :
à partir du 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI (entreprises de taille intermédiaire), pour l' émission de leurs propres factures ;
à partir du 1er septembre 2027 pour les TPE, les PME et les micro-entreprises.
En tant que micro-entrepreneur, l'obligation d' émettre vos factures au format électronique vous concernera à partir de 2027 si vous remplissez deux conditions :
Vous éditez des factures B2B : seules les factures émises entre professionnels sont concernées par l'obligation d'émission. Les factures éditées pour des particuliers pourront toujours être réalisées de la même façon qu'actuellement.
Vous facturez des clients français : seules les opérations réalisées sur le territoire national sont soumises à cette obligation. Si vous éditez des factures auprès de clients étrangers, y compris B2B, vous pouvez continuer à émettre des factures papier ou numériques classiques.
Attention à une idée reçue. Être en franchise en base de TVA ne vous exclut pas de la réforme. La franchise signifie que vous n'êtes pas redevable de la TVA, mais vous restez assujetti, et c'est l'assujettissement, pas la redevabilité, qui déclenche l'obligation d'e-invoicing, aussi bien en réception qu'en émission. Les activités non assujetties à la TVA (santé, formation, enseignement, par exemple) restent en revanche hors du champ de la réforme.
L'obligation de facturation électronique est déjà effective depuis plusieurs années pour toutes les entreprises éditant des factures pour le compte d'entités publiques. Depuis le 1er janvier 2020, elles ont l'obligation d'adresser leurs factures B2G (« Business to Government ») au format dématérialisé. Depuis le 1er janvier 2017, les acteurs publics ont, pour leur part, l'obligation de pouvoir recevoir les factures au format électronique.
Les entreprises fournissant l'administration publique, dont les micro-entreprises, ont l'obligation d'utiliser la plateforme Chorus Pro pour transmettre leurs factures électroniques. Développé par l'Agence pour l'Informatique Financière de l'État (AIFE), ce portail permet notamment de :
saisir manuellement une facture ;
déposer une facture conforme ;
suivre le traitement des factures ;
fournir les justificatifs nécessaires à leur traitement.
Une fois l'obligation d'émission en vigueur pour vous, vous disposerez de trois solutions pour transmettre vos factures B2B par voie dématérialisée :
La saisie sur la plateforme officielle : vous saisissez directement les informations de facturation sur le portail (SIRET, adresse, objet de la facture, etc.). Pertinent uniquement si vous avez un nombre limité de factures à transmettre.
L'envoi automatisé : vous connectez votre logiciel de facturation certifié au portail officiel d'e-invoicing. Vos factures sont alors transmises automatiquement à la plateforme, avant d'être envoyées à vos clients.
L'usage d'une plateforme tierce : vous passez par une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP), qui transmet vos factures avant de les adresser à vos clients, sans passer par le portail officiel.
La e-facturation obligatoire est avant tout née de deux directives européennes : la directive 2006/112/CE et la directive 2014/55/UE. Au-delà du cadre réglementaire, elle répond à plusieurs impératifs, tant pour l'administration fiscale que pour les entreprises.
Selon l'Insee, la fraude à la TVA coûterait entre 20 et 26 milliards d'euros à l'État chaque année, soit entre 17 et 21 % des recettes annuelles de TVA (1).
L'obligation de facturation électronique pour les transactions B2B vise ainsi à mieux contrôler les déclarations, notamment de TVA, afin de réduire la fraude. L'e-invoicing offre plusieurs avantages à l'administration fiscale :
un accès à toutes les transactions réalisées par les entreprises assujetties à la TVA ;
une meilleure identification des entreprises ayant l'obligation de déclarer la TVA ;
une distinction simplifiée entre erreurs de déclaration et fraude.
Pour l'État français, la généralisation de la facturation électronique aux transactions B2B va aussi permettre de mieux suivre l'activité économique des entreprises françaises, grâce aux informations obtenues via l'e-invoicing et l'e-reporting :
suivre l'activité économique en temps réel, grâce aux factures envoyées par les entreprises ;
mettre en place des mesures immédiates selon le contexte économique (allègement fiscal en cas de ralentissement d'un secteur, par exemple) ;
uniformiser le traitement des transactions à l'échelle française et européenne.
Pour les entreprises, dont les micro-entreprises, l'e-invoicing va d'abord permettre de réduire le coût de gestion du poste facturation. Selon un rapport de la Direction générale des finances publiques, la dématérialisation des factures serait 50 à 75 % plus économique qu'un traitement papier (2), car elle simplifie la gestion, l'impression, l'envoi et l'archivage des factures.
Au-delà de son intérêt financier, la facturation électronique va simplifier vos démarches administratives : l'administration fiscale pourra automatiquement pré-remplir les déclarations de TVA de votre micro-entreprise à partir des factures transmises. Vous n'aurez plus qu'à en vérifier l'exactitude et, le cas échéant, à les corriger.
Plus globalement, l'obligation de e-invoicing va permettre d'optimiser plusieurs pans de votre activité d'auto-entrepreneur :
réduire les délais de paiement, encadrés par la plateforme ;
garantir la conformité des factures, qui doivent respecter des critères établis ;
centraliser vos données de facturation et simplifier l'archivage et le suivi de votre activité ;
garantir la remise de vos factures à vos clients.
Votre auto-entreprise s'expose à des sanctions financières si elle ne respecte pas ses obligations d'e-invoicing et/ou de e-reporting (article 1737 du CGI) :
50 € par facture non émise au format électronique, une fois cette obligation en vigueur pour vous, dans la limite de 15 000 € par année civile ;
500 € par transmission de e-reporting manquante, dans la même limite annuelle de 15 000 €.
Bon à savoir
Pour les TPE, les PME et les micro-entreprises, l'obligation s'applique à partir du 1er septembre 2027. Elle concerne les factures B2B émises en France. Avant cette date, la généralisation se fait d'abord pour les grandes entreprises et les ETI à partir du 1er septembre 2026.
Elle vise les micro-entrepreneurs qui émettent des factures B2B, dont l'activité est soumise à la TVA et qui facturent des clients français. Les factures destinées à des particuliers ne sont pas concernées par cette obligation. L'article précise aussi que certaines activités, comme la santé, la formation ou l'enseignement, ne sont pas concernées par la TVA dans ce cadre.
Non, une simple facture PDF ne répond pas aux exigences de la facturation électronique. La facture doit être transmise sous une forme structurée et respecter des critères d'authenticité, d'intégrité et de lisibilité. Elle doit aussi passer par une plateforme de dématérialisation, officielle ou accréditée.
À partir du 1er septembre 2027, trois solutions sont prévues. Vous pouvez saisir vos factures sur la plateforme officielle, utiliser un logiciel certifié connecté au portail, ou passer par une plateforme tierce partenaire (PDP). Le choix dépend notamment du volume de factures à traiter.
Oui, une micro-entreprise peut aussi être concernée par le e-reporting, même si elle n'est pas soumise à l'obligation de e-facturation. Cette obligation vise notamment les opérations internationales ou intracommunautaires, les transactions avec des particuliers, et certaines activités comme la santé, l'enseignement, la formation ou l'immobilier. Les informations à transmettre incluent par exemple le SIRET, la date de l'opération et le numéro de facture.
À compter du 1er septembre 2027, des sanctions financières sont prévues. L'article indique une amende de 15 € par facture non émise au format électronique, dans la limite de 15 000 € par an, et de 250 € en l'absence de e-reporting, avec le même plafond annuel.
le 15/07/2026
le 17/06/2026
le 07/01/2026
le 16/09/2026
le 31/12/2025
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