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Le mécanicien en auto-entreprise

Le mécanicien en auto-entreprise


Réparation, entretien courant, maintenance ou encore dépannage automobile : le mécanicien auto-entrepreneur peut exercer des activités variées. Toutefois, il a l’obligation de respecter de très nombreuses règles. Formation obligatoire, création de l’auto-entreprise, assurances ou encore budget d’installation : découvrez tout ce qu’il faut savoir pour devenir réparateur auto indépendant.

 

Le métier de mécanicien indépendant

Le rôle du mécanicien auto-entrepreneur

Spécialiste du fonctionnement automobile, le mécanicien indépendant assure la maintenance, l'entretien et les réparations de divers véhicules (voiture, camion, utilitaire, scooter, etc.). Au quotidien, il peut avoir différentes missions :

  • réaliser la maintenance courante des véhicules (vidange, mise à niveau, remplacement du pare-brise, etc.) ;
  • établir un diagnostic en cas de problème mécanique ou électronique afin d'en déterminer l'origine et les causes ;
  • réaliser la réparation nécessaire, éventuellement via le remplacement d'une ou plusieurs pièces ;
  • rechercher et commander les pièces automobiles nécessaires à la réparation lorsqu'il n'en dispose pas ;
  • effectuer des essais sur route afin de vérifier l'efficacité des réparations et de réaliser les derniers réglages ;
  • dépanner et remorquer des véhicules en panne ou accidentés.

 

Le fonctionnement de l’auto-entreprise de mécanique

Au moment de devenir mécanicien auto-entrepreneur, vous avez la possibilité d’adopter deux fonctionnements différents.

  • L’ouverture d’un garage : au même titre qu’un mécanicien en société, l’indépendant a la possibilité d’acheter ou de louer un local afin d’y recevoir ses clients. Ce choix n’est cependant pas toujours adapté au statut d’auto-entrepreneur, dans la mesure où les investissements sont nombreux (acquisition du local, achat du matériel, etc.) et ne sont pas déductibles de votre résultat.
  • L’intervention à domicile : le régime de l’auto-entreprise se prête davantage à un exercice itinérant, notamment au domicile des particuliers, sur leur lieu de travail, voire même au sein des entreprises ayant une flotte. Avec le statut d’auto-entrepreneur, vous êtes en effet taxé sur votre chiffre d’affaires. Il est donc plus intéressant si vos charges sont limitées. Gardez cependant à l’esprit que votre champ d’intervention sera alors principalement limité aux petites opérations (vidange, remplacement d’un pneumatique, etc.) et que vous devez faire une demande de carte de commerçant ambulant.

 

Le profil du mécanicien en auto-entreprise

Les qualités d’un réparateur auto indépendant

Au-delà des compétences techniques indispensables à l’exercice de la mécanique, le réparateur auto indépendant doit aussi présenter certaines qualités humaines et relationnelles.

  • L’adaptabilité : le secteur de l’automobile connaît des évolutions régulières, tout particulièrement en ce qui concerne la partie électronique. En tant que mécanicien en auto-entreprise, vous devez donc suivre les innovations et faire preuve de curiosité afin de mettre régulièrement à jour vos connaissances.
  • Une aisance relationnelle : une grande partie de votre travail consiste à échanger avec les clients, notamment pour comprendre l’origine de la panne, proposer une prestation adaptée et gérer la facturation. Il est donc indispensable d’être à l’écoute des automobilistes, pédagogue et calme afin de satisfaire les attentes de votre clientèle.
  • La disponibilité : tout particulièrement dans le cas d’un exercice itinérant, vous devez bien souvent intervenir à toute heure de la journée et de la nuit, mais également le week-end et les jours fériés. En cas d’accident ou de panne, le mécanicien indépendant doit en effet se déplacer rapidement pour remorquer et réparer le véhicule.
  • La rigueur : non seulement vous êtes tenu à une obligation de résultat, mais vos clients attentent une intervention à la fois durable et de qualité. Vous devez donc être vigilant et vérifier toutes les éventuelles défaillances, aussi bien pour la satisfaction que pour la sécurité des automobilistes.
  • Une bonne condition physique : le réparateur auto indépendant est amené à travailler dans des positions inconfortables (sous le véhicule, à genou, penché, etc.) et à réaliser parfois de très longues journées. Vous devez donc être en forme physiquement afin de supporter ces conditions de travail parfois difficiles.

 

La formation d’un mécanicien auto-entrepreneur

Le secteur de l'entretien et de la réparation de véhicules entrant dans le cadre des professions réglementées, le mécanicien auto-entrepreneur a l'obligation de justifier de qualifications professionnelles pour exercer. Pour cela, vous devez obligatoirement disposer d'un diplôme équivalent au moins au niveau CAP, tel que :

  • le CAP maintenance des véhicules options voitures particulières ;
  • la Mention Complémentaire maintenance des systèmes embarqués de l’automobile ;
  • le Bac Pro maintenance de véhicules options voitures particulières ;
  • le BTS maintenance des véhicules.

Bon à savoir : si vous ne disposez pas d’un diplôme, vous pouvez devenir mécanicien indépendant à condition de disposer d'une expérience professionnelle d'au moins 3 ans dans le métier. Dans ce cas, vous devez demander une attestation de qualification professionnelle à la Chambre de Métiers et de l'Artisanat (CMA) dont vous dépendez.

 

Les règles pour devenir mécanicien auto-entrepreneur

Les déclarations du réparateur auto indépendant

Si vous souhaitez ouvrir un garage indépendant de réparation auto, vous avez l'obligation de respecter certaines formalités liées aux installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). Bien que celles-ci dépendent de la nature exacte de votre activité (réparation et entretien, peinture et vernis, travail mécanique des métaux, etc.), vous devez généralement :

  • effectuer une demande d'autorisation ;
  • réaliser une déclaration avec contrôle périodique de votre local.

Bon à savoir : en raison de la complexité des démarches, il est recommandé de se rapprocher des services d'inspection avant d'ouvrir votre garage, à savoir la DREAL ou la DRIEE si vous vous installez en Île-de-France.

 

L'attestation de génie climatique

En tant que réparateur auto indépendant, votre activité appartient au domaine du génie climatique si vous intervenez sur la climatisation des véhicules. Pourquoi ? Tout simplement car vous êtes amené à manipuler des fluides frigorigènes. À cet égard, vous avez deux obligations spécifiques :

  • demander une attestation de capacité auprès d'un organisme agréé, et ce, en fournissant plusieurs informations (les activités exercées, la nature et la quantité d'outillages utilisés, etc.) ;
  • déclarer chaque année à votre organisme agréé la quantité de fluides frigorigènes que vous avez acquise, chargée, récupérée et détenue sur l'année précédente.

 

Le budget d’installation du mécanicien indépendant

Si vous faites le choix d'ouvrir un garage de réparation auto indépendant, vous devez anticiper de très nombreuses dépenses : coût du local, stock de marchandise, matériel spécifique (pont élévateur, presse hydraulique, etc.). Une fois encore, l’exercice itinérant se révèle donc plus adapté pour limiter vos investissements. Vous aurez malgré tout besoin d’un certain nombre d’équipements qu’il convient de budgétiser :

  • un véhicule utilitaire ;
  • une boîte à outils complète (clés, cliquets, tournevis, etc.) ;
  • un bac de vidange ;
  • un cric ;
  • un compresseur ;
  • une déboulonneuse ;
  • des chevilles ;
  • ou encore un démonte pneus.

 

L’obligation de résultat du mécanicien

Contrairement à d'autres professions, le mécanicien indépendant est tenu à une obligation de résultat, et ce, en vertu de l'article 1147 du Code civil. Vous avez donc deux principaux devoirs :

  • remettre en état de marche les véhicules qui vous sont confiés ;
  • restituer les véhicules uniquement lorsqu'ils sont en mesure de fonctionner dans des conditions normales de sécurité.

 

Le devoir d’information du réparateur auto

La réglementation encadrant l’activité de réparateur automobile vous impose également de respecter un principe de transparence. Cela se traduit de deux façons différentes.

  • La délivrance d’une note : bien que la création d'un devis par l'auto-entrepreneur ne soit pas systématique, vous avez l'obligation de remettre une note à l'automobiliste dès que votre intervention coûte plus de 25 €. Celle-ci doit présenter plusieurs informations, dont le décompte de la prestation, la provenance des pièces neuves utilisées et le kilométrage du véhicule.
  • L’affichage des prix : si vous disposez d'un local, vous avez le devoir d'afficher de manière visible et lisible votre politique tarifaire, notamment en ce qui concerne votre taux horaire et les prestations réalisées.

 

Les autres obligations techniques

Au quotidien, le mécanicien en auto-entreprise peut également être soumis à d'autres obligations, variant notamment selon la nature de son activité.

  • Le remorquage : pour dépanner ou remorquer des véhicules sur route express ou sur autoroute, vous devez au préalable obtenir un agrément de la part des pouvoirs publics. De plus, vous devez pratiquer des prix dont le montant est défini par arrêté ministériel.
  • La gestion des déchets : pneus usés, huile usagée, batterie plomb... votre activité est susceptible de générer de nombreux déchets. Vous devez donc vous plier à une réglementation spécifique en ce qui concerne leur stockage et leur recyclage.
  • Les pièces d'occasion : depuis le 1er janvier 2017, vous avez l'obligation de proposer des pièces d'occasion à vos clients lors de l'entretien ou de la réparation d'une voiture ou d'une camionnette. Ce devoir ne concerne que certaines pièces, à l'image de la sellerie, des vitrages ou encore des optiques.

 

La vente de pièces et accessoires automobiles

Si vous réalisez uniquement de l’entretien, de la maintenance et de la réparation automobile, sans vente de pièces ou d’accessoires, votre activité est de nature artisanale. En revanche, votre activité sera considérée comme mixte (artisanale et commerciale) si vous revendez des équipements. Cette situation présente néanmoins un inconvénient : vous serez imposé sur votre chiffre d’affaires et non sur votre bénéfice. Si vous appliquez de faibles marges, vous êtes donc susceptible de payer davantage de charges sociales que ce vous gagnez via la vente de pièces automobiles.

Pour y remédier, l’auto-entrepreneur peut adopter des frais de débours. Cette solution consiste à avancer le coût des pièces et accessoires nécessaires à votre activité, avant d’en être remboursé par vos clients. À condition de ne pas réaliser de marge, ce choix vous évite de gonfler artificiellement votre chiffre d'affaires et le montant de vos cotisations.

 

Les assurances du mécanicien indépendant

En théorie, le mécanicien en auto-entreprise n’est soumis à aucune obligation d’assurance. Dans la pratique, certaines garanties peuvent néanmoins se révéler indispensables.

  • L’assurance auto : si vous utilisez votre véhicule personnel dans le cadre de votre activité, vous avez l’obligation d’en informer votre assureur afin qu’il adapte éventuellement vos garanties. En revanche, si vous disposez d’un véhicule professionnel – tel qu’un utilitaire par exemple -, vous devez souscrire une assurance auto professionnelle.
  • La RC Pro : bien que facultative, l’assurance de responsabilité civile professionnelle est indispensable. Elle permet au mécanicien auto-entrepreneur d’être couvert en cas de dommages physiques ou matériels causés à des tiers (client, fournisseur, passant, etc.).
  • La protection juridique : l’activité de réparation automobile n’est généralement pas épargnée par les litiges avec les clients. Pour vous en prémunir, l’assurance de protection juridique vous permet de bénéficier d’un soutien juridique et financier en cas de conflits ou de poursuites judiciaires.

 

Le régime de l’auto-entreprise pour le mécanicien

Au même titre que les autres auto-entrepreneurs, le mécanicien indépendant doit respecter un certain nombre de règles propres à son régime.

  • La création de l’auto-entreprise : avant de débuter votre activité de réparation auto, vous devez créer votre auto-entreprise en ligne. Cette formalité peut notamment être réalisée sur le site Auto-Entrepreneur de l’URSSAF ou sur Guichet Entreprises. Pour simplifier vos démarches, vous pouvez aussi devenir auto-entrepreneur sur Espace Auto-Entrepreneur.
  • L’enregistrement de l’activité : en tant que mécanicien indépendant, votre activité est de nature artisanale. Vous devez donc contacter votre CMA afin de vous immatriculer au Répertoire des Métiers (RM). Si vous revendez également des pièces ou des accessoires, vous devez aussi vous enregistrer au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) en passant par la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI). Votre interlocuteur principal restera toutefois la CMA.
  • La déclaration de revenus : en fonction de votre choix déclaratif, vous devez déclarer votre chiffre d’affaires mensuellement ou trimestriellement, y compris si vous n’avez pas de revenus sur la période. Le montant à déclarer correspond à vos encaissements sur la période et non à votre bénéfice, ni aux sommes facturées. Votre plafond de chiffre d’affaires annuel est de 72 500 € pour votre activité artisanale et 176 200 € pour votre activité commerciale, dans la limite totale de 176 200 €.
  • Le paiement des charges : pour votre activité de prestation de services (réparation, entretien, etc.), vos charges sociales représentent 22 % de votre chiffre d’affaires. Ce taux est de 12,8 % pour la revente de pièces et d’accessoires. Notez également que ces taux sont divisés par 2 durant votre première année d’exercice si vous bénéficiez de l’ACRE.
  • La gestion comptable : le réparateur auto indépendant a l’obligation de tenir un livre des recettes. S’il réalise de la revente, il doit aussi tenir un registre des achats. Quelle que soit votre activité, vous devez également ouvrir un compte bancaire pour votre auto-entreprise si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant 2 années de suite.

 

Nos conseils pour devenir réparateur auto indépendant

Avant de créer votre auto-entreprise de réparation automobile, prenez le temps de découvrir les bonnes pratiques à adopter pour bien gérer votre activité :

  • suivez le Stage de préparation à l’installation (SPI) qui vous permet de connaître les bases de l’entrepreneuriat ;
  • réalisez une étude de marché afin d’évaluer le potentiel commercial de votre installation (concurrence, clientèle, etc.) ;
  • définissez une offre à la fois claire et pertinente, principalement en ce qui concerne la nature de vos prestations, votre politique tarifaire et votre zone d’intervention ;
  • suivez des formations régulières pour développer vos compétences, notamment en ce qui concerne les voitures hybrides et électriques ;
  • soignez votre visibilité digitale, notamment en vous créant une page Google My Business, un site, une fiche sur les annuaires professionnels ou même une page Facebook ;
  • pensez à votre communication physique en déposant de la documentation commerciale au sein des commerces de proximité, en apposant votre logo sur votre véhicule ou en vous faisant connaître auprès de la presse locale ;
  • demandez des recommandations à vos clients, notamment sur votre page Google My Business ;
  • inscrivez-vous sur une plateforme de mise en relation pour trouver de nouveaux clients dans votre zone de chalandise, à l’image d’Allo Joe par exemple.

 

Le mécanicien auto-entrepreneur en résumé

Vous souhaitez créer votre auto-entreprise de réparation auto ? Avant de vous lancer, retrouvez toutes les informations qu’il vous faut absolument connaître :

  • la réparation auto étant réglementée, vous devez a minima être titulaire d’un CAP ;
  • en l’absence de diplôme, vous devez justifier d’au moins 3 ans d’expérience ;
  • le statut d’auto-entrepreneur se prête mieux à une activité itinérante ;
  • vous avez une obligation de résultat et le devoir d’établir une note avant vos interventions ;
  • vous devez vous immatriculer au RM et éventuellement au RCS ;
  • vous dépendez de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) ;
  • votre code APE est 45.20A - Entretien et réparation de véhicules automobiles légers ;
  • votre plafond de chiffre d’affaires global est de 176 200 € (dans la limite de 72 500 € pour les services et 176 200 € pour la revente) ;
  • vous êtes taxé à hauteur de 22 % pour les prestations de services et de 12,8 % pour la revente de pièces et accessoires ;
  • vos revenus sont imposés au titre des BIC (Bénéfices industriels et commerciaux) ;
  • votre tarif horaire est compris entre 60 et 70 € en moyenne.

 

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