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L’interprète en auto-entreprise

L’interprète en auto-entreprise


Chargé de faire la traduction orale d’un énoncé d'une langue à une autre de manière quasi-instantanée, l’interprète est le partenaire privilégié des structures souhaitant développer leur présence à l'international.

Si vous avez plusieurs langues maternelles ou justifiez d’un excellent niveau dans une langue étrangère, ce métier pourrait bien être fait pour vous ! 

Dans cet article, vous trouverez toutes les étapes essentielles pour créer votre auto-entreprise d’interprète.

Le métier de l’interprète indépendant 

Le rôle de l’interprète 

Le rôle de l’interprète consiste à traduire un discours d’une langue à l’oral. Bien que la langue soit son domaine de prédilection, ce professionnel doit avant tout faire jouer son sens de la communication.

En effet, l'interprète doit pouvoir restituer un discours avec le plus de justesse possible en tenant compte du contexte, des nuances, sous-entendus ou encore traits d’humour, tout en reformulant les expressions familières ou les références culturelles. Il doit accomplir son rôle dans la neutralité totale, sans impliquer sa propre interprétation des propos au risque de trahir le sens du discours.

Le plus souvent, l’interprète opère en simultané : il traduit le discours pendant que l’orateur s’exprime à quelques secondes de décalage, comme dans une conférence de presse par exemple.

Il peut également opérer en “consécutive” : après avoir écouté un discours, il prend des notes, puis le retranscrit dans la langue voulue. 

Quelle est la différence entre un traducteur et un interprète ? 

Ces deux professions sont étroitement liées. Toutes deux issues du domaine linguistique, il peut arriver qu'on confonde la traduction et l'interprétation. Si ces deux processus requièrent une compréhension approfondie de la culture et une maîtrise parfaite de la langue, il existe toutefois des différences essentielles entre l'interprétation et la traduction : 

Modalité d'exécution : les interprètes traduisent à l'oral, alors que les traducteurs traduisent des documents écrits.

Délai d'exécution : l'interprétation se fait de manière immédiate tandis que la traduction est effectuée bien après la création du texte source. Les traducteurs disposent donc de beaucoup de temps pour consulter des ressources et des documents de référence et ainsi produire des traductions beaucoup plus précises, contrairement aux interprètes.

Précision : l'interprétation exige un niveau de précision moins élevé comparé à la traduction. Bien que l’objectif des interprètes soit la restitution la plus fidèle possible, il est difficile de le réaliser en direct. Les traducteurs ont le temps de se relire et de corriger leurs traductions afin de fournir un rendu plus précis.

Éléments intangibles : les interprètes doivent retranscrire les propos de l’orateur en tenant compte du ton et des modulations de la voix ainsi que tous les autres éléments propres à l'expression orale, puis véhiculer ces indications au public. En addition, les interprètes doivent pouvoir trouver des images et des analogies qui parleront à son public.

Contrairement à un traducteur, l’interprète opère sans l'aide de matériel (dictionnaire, script, documents de référence…). Les seules ressources dont il dispose sont l'expérience, une maîtrise parfaite de la langue et une forte habileté à communiquer.

Si vous voulez en savoir plus sur le domaine de la traduction, nous vous invitons à consulter notre article pour créer son auto-entreprise de traduction.

Les clients de l’interprète auto-entrepreneur

La plupart des interprètes exercent en tant qu'indépendants et maîtrisent au moins deux langues étrangères. Ils peuvent être sollicités par des entités différentes : 

  • Les entreprises, dans le cadre de conférences, salons, interviews, présentations ...etc ;
  • Les organisations internationales (Union Européenne, Cour Européenne des Droits de l'Homme, ONU, OTAN et autres ONG) ;
  • La fonction publique en tant qu’interprète assermenté. 

Les interprètes freelances peuvent offrir un service en présentiel ou en visioconférence. Ils peuvent également proposer un service de consultation par téléphone. 

Le cas particulier du l’interprète assermenté 

Un interprète assermenté est un auxiliaire de justice, nommé par l'autorité judiciaire dans le cadre de missions judiciaires à la demande des magistrats, officiers de police judiciaire ou avocats. 

C’est un titre réservé aux professionnels inscrits sur la liste nationale établie par la Cour de Cassation ou sur les listes établies par les Cours d'Appel.

Pour obtenir le titre de traducteur assermenté, il faut être inscrit sur une liste nationale ou sur la liste d'une Cour d'Appel. Pour ce faire, l’interprète doit adresser une demande au Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance (TGI) de la région dans laquelle il est domicilié avant le 1er mars de l’année en cours. 

Pour devenir interprète assermenté, il faut remplir un certain nombre de conditions relatives à la situation et aux antécédents judiciaires du demandeur (ne pas avoir été condamné pénalement, ne pas avoir commis de faits contraires à l’honneur et aux bonnes mœurs…). 

Une fois sa demande approuvée, l’interprète doit prêter serment en promettant d'apporter leur concours à la justice et d'accomplir leur mission en leur honneur et conscience.

Le profil de l'interprète auto-entrepreneur

Les qualités pour être interprète à son compte

L’interprète est avant tout un communicateur. Bien qu’il doive évidemment justifier d’une maîtrise parfaite de la langue dans laquelle il exerce, il doit avoir une grande capacité de concentration et faire preuve d’une grande réactivité du fait de l'instantanéité de ses interventions.

Ainsi, pour mener à bien ses missions l’interprète doit posséder un certain nombre de qualités : 

  • Culture générale : langue et culture sont intimement liées. De ce fait, l'interprète doit connaître les cultures des deux langues qu'il interprète sur le bout des doigts. Les différences culturelles étant parfois sensibles, il doit être en mesure de transposer les métaphores, sous-entendus et traits d’humour d’une langue à l’autre avec aisance. 
  • Mémoire et concentration : l’interprète doit faire preuve d’une bonne capacité à mémoriser les discours afin de les restituer, notamment dans le cadre d’une interprétation “consécutive“ dans laquelle il doit être en mesure de mémoriser un discours puis de le restituer ensuite en se faisant aider d’une simple prise de note. Il doit solliciter sa mémoire immédiate qui, comme un muscle, se développe au fil de ses expériences et de sa pratique.
  • Éthique : qualité souvent négligée, l'éthique d'un interprète repose sur des valeurs essentielles comme la confidentialité, le respect et l'honnêteté, notamment pour les interprètes assermentés. 
  • Résistance au stress : l’interprète est amené à travailler dans des conditions pouvant engendrer un grand stress. En effet, que ce soit dans le cadre d’une conférence impliquant un grand nombre de personnes ou à l’occasion d’une négociation importante, l'interprète doit savoir rester impartial et gérer ses émotions face aux situations dans lesquelles il doit opérer. 

La formation pour devenir interprète 

Si vous souhaitez devenir interprète assermenté, vous devez obligatoirement justifier d’un master en langues étrangères. Dans un autre cas, aucune formation n’est obligatoire

Si vous avez la chance d’avoir deux langues maternelles, ou maîtrisez une langue étrangère à la perfection, vous pouvez exercer en tant qu’interprète en toute indépendance. 

Si ce n’est pas votre cas, il est conseillé de poursuivre une Licence LEA (Langues Etrangères Appliquées), une Licence Langue, Littérature et Civilisation Étrangère ou encore une Licence professionnelle Traduction-Interprétation, pour vous confronter directement au monde du travail.

Concernant le master, plusieurs choix s’offrent à vous : 

  • Master Interprétation de Conférence ;
  • Master langues et marchés des médias européen ;
  • Master Langue, Littérature et Civilisation Etrangère ; 
  • Master Traduction, Interprétation et Médiation Linguistique
  • Master professionnel Traduction et Interprétation Juridique, si vous souhaitez avoir une expérience professionnelle. 

Les études d’interprétation étant très sélectives, les entrées à plusieurs de ces Masters sont sur concours. Les écoles les plus renommées sont l’ESIT (Ecole Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs) à Paris et l’ISIT (Institut Supérieur d’Interprétariat et de Traduction) à Arcueil.

Les démarches pour devenir interprète et créer une micro-entreprise

Le fonctionnement de l’auto-entreprise d’interprétariat 

L’interprétariat fait partie de la catégorie des professions libérales non réglementées. En tant qu’auto-entrepreneur, vous devez respecter un certain nombre de règles relatives à votre régime :

La déclaration de l'activité : avant de proposer vos services d’interprétariat à vos futurs clients, vous avez l’obligation de créer votre auto-entreprise en ligne. Pour ce faire, vous devez déclarer votre activité en remplissant le formulaire P0 PL sur le site Auto-Entrepreneur de l’URSSAF. Vous pouvez également confier cette tâche à Espace Auto-Entrepreneur si vous souhaitez vous faire accompagner pour vos démarches administratives. À l’issue de votre demande, vous recevrez votre numéro SIRET qu’il vous faudra mentionner sur vos factures et devis.

La déclaration de chiffre d’affaires : lors de la de création de votre auto-entreprise d’interprète, vous devrez choisir la périodicité de déclaration de vos revenus (mensuelle ou trimestrielle). Cette déclaration doit être réalisée auprès de l’URSSAF, même si vous n’avez réalisé aucune recette. En tant qu’interprète, votre plafond de chiffre d’affaires est de 72 600€.

Le paiement des cotisations : comme pour toutes les autres professions libérales, vos cotisations sociales s’élèvent à 22% de votre chiffre d’affaires.

La gestion comptable : l’allégement des formalités administratives est l’un des avantages les plus intéressants du statut d’auto-entrepreneur. Vous avez la seule obligation de faire la tenue d’un livre de recettes dans lequel vous noterez tous vos encaissements.
De plus, vous avez l’obligation d’ouvrir un compte en banque dédié à votre activité si votre chiffre d’affaires dépasse le seuil de 10.000€ pendant 2 années consécutives.

Nos conseils pour bien débuter 

Afin de bien démarrer votre auto-entreprise d’interprétariat, il est nécessaire d’adopter certaines bonnes pratiques :

  • Spécialisez-vous dans un ou plusieurs domaines afin développer une expertise et proposer à vos clients une prestation de qualité (juridique, banque, automobile, pharmacie, etc.) ;
  • Développez vos connaissances, notamment en termes de terminologie, afin de pouvoir proposer des services variés et ainsi élargir votre liste de clients potentiels (ingénierie, médecine, pharmacie, juridique...).
  • Suivez des formations en ligne en marketing digital pour assurer une bonne présence digitale pour votre auto-entreprise (création de site web, présence en ligne, gestion des réseaux sociaux, etc...) ;
  • Développez votre visibilité numérique pour trouver des clients, notamment en créant un site Internet, une page Google Business Profile (anciennement Google My Business) ou encore un profil sur des plateformes de mise en relation telles que Malt, Kang ou encore Traduc, une plateforme spécialisée pour les traducteurs et interprètes indépendants. 

L’interprète auto-entrepreneur en résumé

  • Votre Centre de Formalités des Entreprises (CFE) : l’URSSAF
  • Votre code APE :  74.30Z - Traduction et interprétariat
  • Votre chiffre d’affaires est plafonné à 72.600€ par an ;
  • Vos montants des cotisations sociales : 22% du CA ;
  • Vos revenus sont imposés au titre des Bénéfices Non Commerciaux (BNC).
  • Selon la plateforme Malt, en novembre 2021 le TJM moyen est de 192€ si vous débutez ou 297€ si vous justifiez d’une bonne expérience dans le domaine de l'interprétariat.

Profitez d’un accompagnement total pour la création de votre micro-entreprise d'interprétariat avec Espace Auto-Entrepreneur !

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