Le serrurier en auto-entreprise

Le serrurier en auto-entreprise


Qu'il soit spécialisé dans la serrurerie, la menuiserie ou même la charpente, le serrurier indépendant peut exercer son activité avec le statut d'auto-entrepreneur. Ce métier, consistant à intervenir sur des ouvrages métalliques (serrures, fenêtres, charpentes, etc.), est toutefois réglementé. Conséquence ? L'auto-entreprise de serrurerie se doit de respecter un certain nombre de règles : formation obligatoire, devoir d’information, assurances ou encore plafond de chiffre d’affaires. Suivez notre guide pour tout savoir sur le sujet.

 

Le métier de serrurier indépendant

Le rôle du serrurier auto-entrepreneur

Le serrurier-métallier, plus simplement appelé serrurier, est un artisan spécialisé dans la sécurité et la construction d’ouvrages métalliques, tout particulièrement des serrures. Au quotidien, il peut avoir de nombreuses missions différentes :

  • créer, rénover ou poser des serrures et des clés, ainsi que divers ouvrages en métal (fenêtres, portails, etc.) ;
  • étudier la demande du client et proposer une solution sur mesure ;
  • découper, forger, façonner et assembler les matériaux afin de fabriquer l'ouvrage métallique adapté ;
  • réaliser le montage des ouvrages commandés ou façonnés ;
  • effectuer les réparations, l'entretien et la maintenance des ouvrages ;
  • réaliser des dépannages en urgence.

 

Les clients d’un serrurier en auto-entreprise

Tout comme d'autres artisans, le serrurier en auto-entreprise peut être amené à travailler auprès de différents clients, notamment selon son éventuelle spécialisation.

  • Les particuliers : le serrurier indépendant est le plus souvent missionné au moment de l’installation ou du remplacement d’un ouvrage en métal (serrure, portail, fenêtre, etc.). Il intervient également régulièrement dans le cadre d’un dépannage en urgence, notamment en cas de perte des clés.
  • Les professionnels du BTP : cet artisan peut aussi intervenir sur des chantiers de construction, essentiellement pour fabriquer les éléments métalliques nécessaires à la construction. Dans ce cas, son travail va généralement être supervisé par un chef de chantier, ce dernier chapeautant l'ensemble des corps de métier intervenant dans le projet (menuisiers, maçons, etc.).
  • Les entreprises : le serrurier peut aussi proposer ses services à diverses entreprises, notamment pour la sécurisation de leurs locaux. Cela pourra notamment concerner la pose de serrures, de stores métalliques ou encore de solutions de blindage.

Bon à savoir : le serrurier indépendant travaille essentiellement sur de la serrurerie et de la menuiserie métallique (portes, fenêtres, vérandas, etc.). Cependant, il peut également se spécialiser dans le mobilier en métal (chaises, tables, etc.), la charpente métallique ou même la ferronnerie d'art (créations en fer forgé, etc.).

 

Le profil du serrurier auto-entrepreneur

Les qualités d’un serrurier indépendant

Le serrurier en auto-entreprise doit avant tout présenter les connaissances et compétences professionnelles propres à son métier. Toutefois, certaines qualités humaines sont également indispensables au quotidien.

  • Une grande disponibilité : une part non négligeable de l’activité consiste à réaliser des dépannages d’urgence auprès de particuliers. Il faut donc savoir se montrer disponible pour intervenir rapidement, aussi bien le soir que le week-end. Une qualité d’autant plus importante que cet artisan est également amené à se déplacer de chantier en chantier.
  • Une bonne condition physique : la création d’ouvrages métalliques est une activité relativement physique, dans la mesure où plusieurs manipulations sont nécessaires (découpe, perçage, etc.). Le serrurier-métallier doit donc être en forme physiquement, d’autant plus qu’il travaille souvent dans des positions inconfortables et qu’il est exposé au bruit.
  • Une certaine polyvalence : loin d’intervenir uniquement sur des serrures mécaniques classiques, le serrurier peut travailler sur de nombreux ouvrages (fenêtres, charpentes, etc.), différents métaux (acier, fer, cuivre, etc.) et diverses problématiques (serrure électronique, ferronnerie artistique, etc.). Il doit donc disposer de compétences variées afin de répondre aux différents besoins de ses clients.

 

La formation pour devenir serrurier-métallier

Il est nécessaire de suivre une formation pour devenir serrurier car la profession est réglementée. Comme pour la plupart des activités artisanales, l'auto-entrepreneur devra donc disposer a minima d'un CAP, d'un BEP ou d'un diplôme de niveau au moins équivalent délivré pour l'exercice de la serrurerie. À ce titre, plusieurs options s’offrent à lui :

  • le CAP serrurier-métallier ;
  • le BEP réalisation d'ouvrages chaudronnés et de structures métalliques ;
  • le Bac Pro serrurier-métallier ;
  • le Bac Pro ouvrages du bâtiment, option métallerie ;
  • ou encore le BEP techniques des métaux, du verre et des matériaux de synthèse du bâtiment.

À noter : vous avez la possibilité de devenir serrurier indépendant sans diplôme, à condition de pouvoir justifier d'une expérience professionnelle d'au moins 3 ans dans le métier. Cela pourra notamment être votre cas si vous avez été salarié dans ce domaine par le passé.

 

Les démarches pour créer une auto-entreprise de serrurerie

Les assurances du serrurier auto-entrepreneur

Comme la plupart des artisans du bâtiment, le serrurier a l’obligation de souscrire une RC Pro. L'assurance de responsabilité civile professionnelle de l’auto-entrepreneur vise à couvrir tous les dommages matériels ou physiques que vous pourriez causer à un tiers dans le cadre de votre activité. Toutefois, d’autres garanties peuvent être obligatoires, notamment en fonction de la nature de votre intervention.

  • L’assurance décennale : la garantie décennale d’un auto-entrepreneur couvre pendant 10 ans tous les travaux ayant un impact sur l’ouvrage. À ce titre, elle est obligatoire uniquement si vous effectuez des travaux de gros œuvre et de construction, à l'image de la réalisation d'une charpente métallique par exemple.
  • L’assurance automobile : si vous utilisez votre véhicule personnel à des fins professionnelles, vous devez obligatoirement en informer votre assureur afin qu’il adapte votre contrat en conséquence. Si vous disposez d’un véhicule professionnel, celui-ci doit être assuré via une assurance auto professionnelle.

 

La carte d’identification professionnelle de l’auto-entrepreneur

Dans l’optique de réguler le travail illégal, les entreprises du bâtiment ont l’obligation de demander une carte d’identification professionnelle du BTP pour chacun de leurs employés. Le recrutement de personnel en auto-entreprise étant peu courant, bien que possible, les auto-entrepreneurs n’auront généralement pas besoin de faire une demande de carte d’identification. Ils devront en effet se soumettre à cette obligation uniquement s’ils embauchent une ou plusieurs personnes.

 

La facturation des fournitures par le serrurier indépendant

Dans le cadre de votre activité de serrurier, vous êtes généralement amené à acheter du matériel pour le compte de vos clients (serrure, blindage, clés, portail, etc.). En tant qu’auto-entrepreneur, vous disposez de 2 solutions pour facturer ces fournitures.

  • La refacturation : cette technique consiste à ajouter le coût des fournitures que vous avez achetées à votre facture. Bien qu'elle permette éventuellement de prendre une commission sur le prix du matériel, cette solution présente l'inconvénient de gonfler artificiellement votre chiffre d'affaires. Vous devrez donc payer davantage de cotisations sociales, en plus de prendre le risque de dépasser les plafonds autorisés en auto-entreprise.
  • Les frais de débours : il s'agit des sommes que vous avancez à votre client, avant que celui-ci ne vous rembourse. Pour une auto-entreprise, les frais de débours sont la solution à privilégier car ils permettent de ne pas comptabiliser le coût d'achat des fournitures dans votre chiffre d'affaires. De plus, votre client pourra éventuellement profiter du service après-vente du fournisseur, dans la mesure où vous êtes considéré comme un simple intermédiaire.

 

L’information des clients de l’auto-entreprise

Au même titre que l'électricien ou le plombier auto-entrepreneur, le serrurier-métallier est soumis à une réglementation spécifique s'il réalise du dépannage à domicile. Il doit en effet suivre plusieurs règles, principalement dans l’optique de protéger le consommateur.

  • La conclusion du contrat : le serrurier indépendant doit obligatoirement communiquer ses prix avant de réaliser une intervention au domicile d'un client. En plus d'afficher le tarif de ses prestations au sein de son éventuel local, il doit présenter un document précontractuel présentant un certain nombre d'informations (nature de la prestation, décompte détaillé des services, frais de déplacement, prix avec et sans taxe, etc.).
  • La signature du contrat : en tant que serrurier, vous devez ensuite remettre au client un exemplaire du contrat signé, accompagné d'un formulaire de rétractation et présentant plusieurs informations exigées par le Code de la consommation. Cette règle s'applique même en situation d'urgence, celle-ci pouvant mettre en danger la sécurité des personnes ou l'intégrité du bâtiment.
  • L’édition d’une facture : pour toutes vos prestations d'un montant supérieur à 25 € TTC, vous devez également remettre une facture au client, et ce, dès que la prestation a été réalisée. Si le consommateur en fait la demande, malgré un montant inférieur à 25 €, vous êtes malgré tout tenu de lui fournir. Notez que la facture de l’auto-entrepreneur doit contenir plusieurs informations obligatoires (vos coordonnées, date de la prestation, décompte, etc.).

 

Les règles de l’auto-entreprise pour le serrurier

Outre ces règles applicables à l’ensemble des serruriers, l’auto-entrepreneur doit – pour sa part – se plier également au cadre réglementaire du régime de l’auto-entreprise.

  • Déclarer le début d’activité : avant de débuter son activité, le serrurier a l’obligation de créer son auto-entreprise en ligne. Lors de cette démarche – pouvant être réalisée sur l’URSSAF ou via Espace Auto-Entrepreneur par exemple –, vous devrez d’ailleurs choisir votre périodicité déclarative de chiffre d’affaires (mensuelle ou trimestrielle).
  • Vous immatriculer : votre activité étant de nature artisanale, vous avez le devoir de vous enregistrer au RM (Répertoire des métiers). Pour cela, vous devez vous mettre en relation avec le CFE de votre auto-entreprise (Centre de formalités des entreprises), à savoir la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA).
  • Déclarer votre chiffre d’affaires : comme tout auto-entrepreneur, le serrurier-métallier doit déclarer son chiffre d’affaires sur le site de l’URSSAF selon la périodicité fixée, y compris en l’absence de revenus sur la période. Notez d’ailleurs que votre chiffre d’affaires est limité à 72 500 € HT par an.
  • Payer vos cotisations : les cotisations sociales du serrurier indépendant représentent 22 % de son chiffre d’affaires, dans la mesure où il réalise une prestation de services artisanale. Ce taux est toutefois ramené à 11 % durant votre première année d’activité si vous bénéficiez de l’ACRE. Dans les deux cas, vous devez payer vos cotisations via l’URSSAF.
  • Suivre votre comptabilité : vous avez l’obligation de noter vos encaissements au sein d’un livre des recettes. Dans la mesure où vous réalisez de l’achat de matériel, vous devez également noter vos dépenses dans un registre des achats. De plus, votre auto-entreprise devra disposer d’un compte bancaire dédié si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant 2 années de suite.

 

Nos conseils pour devenir serrurier auto-entrepreneur

Dans l’optique de développer votre auto-entreprise de serrurerie, il peut être judicieux d’adopter certains bons comportements :

  • apprenez les bases de la gestion d'entreprise en suivant le Stage de préparation à l'installation (SPI) qui, depuis 2019, est facultatif ;
  • suivez des formations régulières pour mettre à jour vos connaissances et développer de nouveaux services ;
  • développez des partenariats avec d'autres artisans afin de vous recommander mutuellement auprès des particuliers et sur les chantiers d'envergure (chef de chantier, maçon, menuisier, etc.) ;
  • entretenez votre visibilité digitale, notamment en créant un support numérique (site Internet, page Facebook, fiche Google My Business, etc.) et en répondant aux commentaires de vos clients ;
  • ne négligez pas votre visibilité physique et utilisez différents leviers pour être connu localement (annonces dans les journaux, marquage de votre véhicule, flyers dans les commerces, etc.).

 

Le serrurier auto-entrepreneur en bref

Avant de devenir serrurier en auto-entrepreneur, retrouvez toutes les informations qu’il vous faut connaître :

  • le métier de serrurier est réglementé, vous imposant de suivre des règles spécifiques (facture, information, etc.) ;
  • vous devez a minima être titulaire d’un CAP de serrurier ;
  • vous avez l’obligation d’avoir une assurance RC Pro et éventuellement d’autres garanties ;
  • votre activité est rattachée à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA) ;
  • votre code APE est 43.32B - Travaux de menuiserie métallique et serrurerie ;
  • votre plafond de chiffre d’affaires annuel est de 72 500 € ;
  • vos cotisations sociales sont de 22 % (11 % avec l’ACRE) ;
  • vos revenus sont imposés au titre des Bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ;
  • votre tarif varie entre 40 et 70 € de l’heure en moyenne.


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